En bref
- Le kotatsu est une table chauffante basse, avec un chauffage électrique sous le plateau et un futon épais qui bloque la chaleur autour des jambes. <!– /wp:l
- Ce chauffage japonais mise sur une chaleur localisée plutôt que sur l’air de toute la pièce, ce qui permet une vraie économie d’énergie dans des logements à isolation thermique moyenne.
- Au Japon, le kotatsu reste un équipement domestique central de l’hiver, associé au confort hivernal, aux repas partagés et à la tradition japonaise de la vie au sol.
- Les modèles modernes coûtent en moyenne entre 10 000 et 60 000 yens (relevé 2025), avec des résistances halogènes ou à quartz et parfois un thermostat programmable.
- Importer l’idée chez toi, même sans kotatsu complet, permet déjà de repenser ton chauffage autour du principe « chauffer les personnes, pas le volume ».

Qu’est-ce qu’un kotatsu, la table chauffante japonaise au cœur du salon
Un kotatsu ressemble à une simple table basse, mais son fonctionnement change complètement la manière de vivre l’hiver. Tu t’installes au sol, tu glisses les jambes sous une épaisse couverture coincée entre le plateau et la structure, et la source de chaleur fixée sous la table crée une bulle chaude autour du bas du corps. Ce n’est plus seulement un meuble, c’est un point de ralliement.
La structure est presque toujours la même. On trouve un châssis en bois ou en métal, une résistance de chauffage électrique sous le plateau, et un futon spécifique appelé kotatsu-buton, assez large pour tomber jusqu’au sol tout autour. L’air chauffé reste prisonnier sous le tissu, ce qui permet d’atteindre environ 24 à 26 °C à hauteur de jambes, même si la pièce reste à 18 ou 19 °C. Ce décalage explique pourquoi autant de foyers japonais gardent un kotatsu alors qu’ils ont déjà un climatiseur chaud/froid.
La scène typique en hiver est très codifiée. Sur le plateau, tu retrouves une théière de thé vert, une assiette de senbei, et surtout un panier de mikan, ces petits agrumes d’hiver qu’on épluche sans bouger de sous la couverture. Les jambes au chaud, le dos parfois appuyé sur un coussin de sol zabuton ou un fauteuil sans pieds, on regarde la télévision, on joue ou on télétravaille sur un PC portable. En pratique, le kotatsu remplace à la fois le canapé, la table basse et le radiateur d’appoint.
Dans un logement japonais standard de 40 à 60 m², mal isolé et chauffé principalement par climatiseur mural, garder 23 °C dans tout le salon coûte cher en électricité. Le kotatsu inverse la logique. La pièce reste plus fraîche, mais le corps perçoit surtout la chaleur autour des jambes, qui sont pourtant la zone où l’on ressent le plus le froid quand on reste immobile. C’est cette focalisation qui rend le système si agréable et difficile à quitter une fois installé.
Le mot « kotatsu » lui-même vient d’une contraction de termes liés au foyer et à la chaleur. Il rappelle que cet équipement domestique s’inscrit dans la continuité du feu de maison, pas dans la logique du radiateur moderne. S’asseoir en cercle, partager un point chaud unique, adapter sa posture au sol, tout cela fait écho à une tradition japonaise plus large de la vie en tatami. Quand tu cherches à comprendre comment fonctionne cette table chauffante, tu touches en fait à une manière complète d’habiter l’hiver.
Ce point de convergence entre meuble, chauffage et rituel social explique pourquoi le kotatsu reste si présent dans les intérieurs, même dans des appartements récents équipés de double vitrage. Tant que l’hiver reste au programme, lui aussi reste au milieu de la pièce.
Les éléments techniques d’un kotatsu moderne
Si tu démontes un kotatsu récent acheté dans une grande enseigne japonaise en 2024, tu trouves généralement un petit radiateur électrique de 300 à 600 W, soit autant qu’un bon radiateur soufflant réglé au minimum. La différence vient du fait que cette puissance est concentrée dans un volume réduit, protégé par le futon. Là où un climatiseur de 2 000 W va chauffer l’air de toute la pièce, le kotatsu mise sur une zone de contact réduite.
Les fabricants proposent souvent deux types d’éléments chauffants. Le modèle à quartz, qui chauffe rapidement mais diffuse une lumière rouge visible, et la version halogène, plus douce, parfois intégrée dans une grille discrète. Certains modèles haut de gamme intègrent un thermostat et une minuterie, permettant de garder une température d’environ 25 °C sous la table sans surconsommer. Sur la facture d’électricité, la différence est nette si tu passes plusieurs heures par jour autour du kotatsu plutôt qu’avec un climatiseur réglé trop haut.
Le choix du futon joue aussi un rôle crucial dans l’isolation thermique. Un kotatsu-buton d’entrée de gamme acheté autour de 5 000 yens (relevé fin 2025 chez Nitori) offre déjà un bon compromis, mais les modèles plus épais et matelassés peuvent facilement doubler cette capacité à retenir la chaleur. Le principe reste simple : plus le textile emprisonne d’air, plus il limite les déperditions. On se retrouve avec une sorte de mini-yourte thermique, mais autour des pieds.
En pratique, cette alliance entre résistance modeste et isolation textile permet de maintenir un confort ressenti équivalent à un salon chauffé à 22 °C avec un climatiseur, alors que le thermostat mural n’affiche que 18 ou 19 °C. C’est précisément sur cette différence que repose l’argument énergétique du kotatsu.
Une fois ces bases posées, on peut regarder où cette table chauffante s’inscrit dans l’histoire du pays et comment elle a évolué jusqu’aux modèles actuels.
Des braises au chauffage électrique : histoire et évolution du kotatsu japonais
Le kotatsu n’est pas né d’un catalogue de design des années 1970. Ses racines remontent à la fin de l’époque de Muromachi, au XIVᵉ siècle, dans des maisons où le foyer domestique, l’irori, était creusé dans le sol. On posait alors une planche au-dessus des braises, puis des couvertures grossières. Les habitants pouvaient cuisiner sur le feu, puis s’asseoir autour, les jambes au chaud dans le renfoncement. Le principe « chauffer les jambes plutôt que toute la pièce » était déjà là.
À l’époque d’Edo, entre 1603 et 1868, le système évolue en hori-gotatsu. On trouve alors dans les estampes ukiyo-e des scènes de nobles et de citadins installés autour de ces tables encastrées. Le plancher est découpé pour laisser un puits où l’on glisse les pieds, avec un brasero au fond. La table, couverte de tissus, sert aussi bien pour prendre le thé que pour lire ou écrire. À cette époque, la sécurité reste toute relative, avec des risques d’intoxication et d’incendie, mais la logique d’un coin chaud central dans une maison très ventilée est déjà solidement installée.
Avec la généralisation des sols en tatami dans les maisons de ville, le foyer encastré devient moins pratique. On passe alors à l’oki-gotatsu, littéralement le « kotatsu posé ». Le brasero n’est plus dans le sol mais dans un récipient indépendant, placé sous une table basse, ce qui permet de déplacer l’ensemble selon les besoins. Cette mobilité s’adapte mieux aux intérieurs modulables, où l’on range les futons de couchage la journée pour transformer la pièce en salon.
Le vrai basculement se produit au XXᵉ siècle, après la Seconde Guerre mondiale, avec l’arrivée massive de l’électricité domestique. Dans les années 1950, les fabricants remplacent progressivement les braises de charbon par des résistances électriques. Le risque d’incendie baisse, le réglage devient plus fin, et le kotatsu entre dans l’ère industrielle. Les foyers urbains s’équipent alors rapidement, au point que les publicités des années 1960-1970 le présentent comme le symbole d’un confort hivernal moderne à la japonaise.
En 2025, les grands distributeurs comme Nitori ou Ikea Japan proposent des ensembles complets châssis + élément chauffant + futon à partir de 10 000 à 15 000 yens pour l’entrée de gamme, et jusqu’à 50 000 à 60 000 yens pour des modèles plus grands, au design soigné. Cette fourchette de prix en fait un investissement accessible si on le compare au coût d’une installation de chauffage central, quasiment absente des appartements standards au Japon.
Cette trajectoire, du brasero dans le sol à la table branchée sur une prise, montre bien comment le kotatsu navigue entre tradition japonaise et adaptation technologique. Le geste, s’asseoir ensemble autour d’un point chaud, n’a pas changé. Les matériaux et la sécurité, eux, ont été mis à jour. Quand tu branches un kotatsu moderne, tu te raccordes à plus de sept siècles de bricolage contre le froid.
À partir de cette histoire, on comprend mieux pourquoi ce meuble reste si largement utilisé, même dans un pays équipé de climatiseurs dernier cri. La section suivante regarde alors ce qui se passe sur la facture d’électricité.
Kotatsu et économie d’énergie dans les maisons japonaises
Les autorités japonaises, comme beaucoup de gouvernements, encouragent depuis plusieurs années une baisse de la consommation énergétique résidentielle. Les guides officiels recommandent souvent de régler le chauffage autour de 19 °C en hiver, ce qui rappelle ce qu’on lit aussi dans les recommandations britanniques ou françaises. Concrètement, tenir cette consigne dans un appartement mal isolé sans avoir froid demande une solution d’appoint. C’est là que le kotatsu brille.
Un climatiseur mural en mode chauffage consomme facilement entre 1 000 et 2 000 W pour maintenir 22 °C dans un salon de taille moyenne, surtout dans un bâtiment construit avant les normes d’isolation renforcées des années 2010. À l’inverse, un kotatsu de 500 W suffit largement, et encore, il ne tourne pas à puissance maximale en continu grâce au thermostat. Sur une soirée de quatre heures, la différence de kWh commence à se voir.
Certains fabricants japonais communiquent des estimations comparatives basées sur un usage moyen de 5 heures par jour en hiver. À puissance équivalente, le kotatsu consommerait entre 30 et 40 % d’énergie en moins qu’un chauffage d’appoint qui tente de réchauffer tout le volume de la pièce. Cette donnée reste indicative, mais elle illustre bien le principe de base : tant que tu restes autour de la table, tu peux baisser le chauffage général sans te transformer en glaçon.
La contrepartie, c’est qu’un kotatsu ne remplace pas un système global. Il chauffe très efficacement un petit périmètre et ne sert à rien dans le couloir ou la salle de bain. On ne parle donc pas ici de rénovation thermique ni de performance d’immeuble, qui relèvent d’un tout autre champ, proche de l’urbanisme et de la politique énergétique. Le kotatsu joue son rôle dans la micro-stratégie de survie quotidienne dans un logement donné.
Cette approche locale du chauffage est intéressante à observer depuis l’Europe. Elle montre une autre manière de concevoir le confort hivernal, centrée sur le corps et non sur le volume d’air. Pour un lecteur qui réfléchit à réduire sa consommation sans refaire toute son isolation, ce genre d’objet donne des pistes très concrètes.
Pourquoi le kotatsu chauffe mieux les gens que la pièce : principes et limites
Si tu compares un kotatsu à un radiateur classique, la différence fondamentale vient du type de chaleur utilisée. Le kotatsu mise sur une combinaison de rayonnement infrarouge et de convection légère, dans un volume très réduit fermé par le futon. Le radiateur ou le climatiseur, lui, doit brasser et réchauffer l’air de la pièce pour que tu ressenties un changement.
Sous la table, l’élément de chauffage électrique émet des infrarouges qui réchauffent directement les surfaces proches : tes jambes, la structure de la table, le coussin de sol. Cet effet est comparable à la sensation du soleil en hiver sur la peau, même quand l’air est froid. Le futon épais, en coton ou en synthétique, évite que cet air réchauffé ne parte immédiatement au plafond comme avec un convecteur.
Le résultat, c’est une bulle chaude très stable. La température intérieure du cocon varie peu quand tu entres ou sors, parce que le volume d’air à compenser est faible. C’est là que la notion d’isolation thermique redevient centrale. Un tissu trop fin laisse la chaleur s’échapper, un tissu trop lourd rend le déplacement pénible. Les fabricants jouent sur le grammage et la doublure pour trouver l’équilibre.
Cette configuration a un autre effet secondaire : elle change ta perception du froid dans le reste du corps. Le fait de garder les extrémités inférieures à bonne température améliore le confort global, même si l’air ambiant reste à 18 °C. Pour un usage statique comme regarder un film, jouer en ligne ou travailler sur un portable, ce compromis fonctionne particulièrement bien.
Il existe cependant des limites claires. Le kotatsu ne chauffe pas la pièce entière et ne protège pas du froid quand tu te lèves pour cuisiner ou aller dans une autre pièce. Pensé comme unique source de chaleur dans un logement très froid, il va surtout pousser les occupants à rester assis en permanence, ce qui n’a rien d’idéale pour la santé à long terme. On reste ici dans le champ des usages du quotidien, pas dans des recommandations médicales.
Dans une maison occidentale, avec des canapés hauts et des chaises, l’intégration du kotatsu demande aussi une réorganisation du mobilier. Passer deux heures sous une table basse implique de s’asseoir au sol, ce qui ne convient pas à tout le monde. La convivialité et l’économie d’énergie se paient par un changement de posture et d’habitudes.
Malgré ces contraintes, le principe de chauffer une zone de vie localisée plutôt que tout un logement mérite clairement d’être retenu. C’est lui qui peut inspirer des solutions plus compatibles avec des intérieurs non japonais, tout en gardant l’esprit de cette table chauffante.
Comparatif : kotatsu, radiateur et climatiseur côté consommation
Pour visualiser concrètement ce que change le kotatsu dans la consommation électrique, tu peux comparer plusieurs options typiques d’un salon en hiver. Le tableau suivant ne remplace pas une étude complète d’ingénieur, mais il donne des ordres de grandeur réalistes pour un usage domestique.
| Type de chauffage | Puissance moyenne | Zone réellement chauffée | Usage typique (4 h le soir) |
|---|---|---|---|
| Kotatsu standard | 300–600 W | Autour de la table, bas du corps | Confort ciblé, économie d’énergie si le reste de la pièce reste à 18–19 °C |
| Climatiseur réversible 2,5 kW | 1 000–2 000 W | Volume complet du salon | Confort global, mais forte consommation pour maintenir 22–23 °C |
| Radiateur électrique mobile | 1 000–1 500 W | Zone proche du radiateur | Appoint efficace, mais pertes importantes par convection dans une pièce peu isolée |
Si tu passes la majorité de ta soirée assis au même endroit, le kotatsu est clairement plus cohérent d’un point de vue énergétique. En revanche, si tu bouges beaucoup entre plusieurs pièces, un système global reste nécessaire. Ce constat ne fait pas du kotatsu une solution universelle, mais un outil pertinent dans une stratégie de chauffage hybride.
Une fois ces forces et faiblesses posées, la question suivante arrive assez vite : où peut-on tester ou utiliser un kotatsu sans forcément en acheter un tout de suite ?
Où découvrir un kotatsu au Japon : ryokan, cafés, croisières et maisons privées
Si tu prévois un voyage au Japon en hiver, il existe plusieurs contextes très différents pour expérimenter un kotatsu sans investir toi-même. Chaque cadre raconte une facette du rapport des Japonais à ce chauffage japonais, entre tradition et adaptation touristique.
Le premier lieu où tu risques de croiser un kotatsu, c’est la chambre d’un ryokan ou d’une auberge traditionnelle. De nombreux établissements en zone froide sortent la table chauffante dès novembre et la rangent au printemps. On la trouve souvent au centre de la pièce, posée sur les tatamis, avec un futon épais assorti à la décoration. Après le bain dans les onsen, tu enfiles un yukata léger, tu t’installes sous la couverture pour boire un thé ou grignoter des snacks locaux, et la journée se termine autour de cette chaleur douce.
Des ryokan de gamme moyenne facturent souvent la nuit entre 12 000 et 20 000 yens par personne (relevé 2025, demi-pension comprise). Le kotatsu n’est pas facturé séparément, il fait partie de l’expérience hivernale proposée, au même titre que les repas saisonniers ou la vue sur un jardin enneigé. Si tu voyages en période de neige, c’est probablement le cadre le plus confortable pour tester ce type de équipement domestique loin de chez toi.
Un autre terrain plus discret, ce sont certains cafés spécialisés qui transforment leur salle en salon japonais pendant l’hiver. À Tokyo ou Kyoto, quelques adresses proposent des espaces avec tatamis et kotatsu, souvent sur réservation ou avec temps limité, parce que ces places sont très demandées le week-end. Tu commandes un café, un chocolat chaud ou une pâtisserie pour environ 800 à 1 500 yens, et tu profites d’une ambiance « maison » sans être chez toi.
On trouve aussi des expériences plus originales, comme des croisières fluviales qui installent des kotatsu sur leurs bateaux pendant la saison froide. À Matsue, la croisière Horikawa propose ainsi aux passagers de s’asseoir autour de tables chauffantes pendant que l’embarcation glisse sous les ponts du château. La traversée coûte autour de 1 500 à 2 000 yens par adulte. Le principe est très simple : l’extérieur est glacial, mais l’intérieur du bateau devient un salon flottant.
Enfin, il y a le cas le plus intime : le kotatsu chez des habitants. Si tu es invité dans une maison qui en possède un, tu entres dans la dimension la plus quotidienne de ce meuble. On pèle des mikan, on commente l’émission du soir, on discute de tout et de rien, et le fait de partager la même source de chaleur crée une forme de proximité très directe. On retrouve ici l’ancien rôle de l’irori comme centre de la maison.
Quel que soit le cadre, le point commun reste le même. Testé une fois, le kotatsu donne rarement envie de revenir à une soirée classique plaide + radiateur, surtout dans un pays où l’hiver reste marqué. La question devient alors : que faire si tu veux adopter quelque chose de similaire chez toi, en France ou en Europe, avec des normes et des intérieurs différents ?
Ce que ces expériences disent de la culture hivernale japonaise
Regarder où se trouvent les kotatsu aide à lire la culture japonaise de l’hiver. Leur présence dans les ryokan et les cafés montre que le kotatsu n’est pas seulement un gadget de grand-mère, mais un argument d’ambiance revendiqué par les lieux qui vendent une expérience. L’objet sert autant à tenir chaud qu’à raconter une histoire de tradition japonaise.
Les croisières ou les terrasses équipées signalent autre chose : la capacité à transformer un environnement hostile en moment confortable par une solution low tech. Installer une table chauffante sur un bateau, ce n’est pas juste un effet marketing, c’est une manière très concrète de rendre une activité possible sans doublure technique lourde.
Enfin, la permanence du kotatsu dans les salons privés, même dans des appartements récents, confirme que l’objet répond à un besoin réel dans un pays où le confort hivernal reste souvent pensé par zones. Cette logique de niches chauffées plutôt que de volumes intégralement tempérés pourrait clairement inspirer d’autres pays confrontés aux mêmes contraintes de coût de l’énergie.
Installer un kotatsu ou s’en inspirer chez soi : usages, sécurité et aménagement
Si tu vis en France ou en Europe et que tu es tenté par le concept, tu as deux options. Tu peux importer un kotatsu complet ou tu peux t’inspirer de ses principes pour adapter ton propre coin chaud. Dans les deux cas, il faut réfléchir à la place disponible, au type de chauffage, et à la manière dont tu vis ta pièce à vivre.
Les kotatsu vendus en ligne à destination de l’étranger sont souvent proposés entre 200 et 400 € hors frais de port en 2025, futon compris. Ils intègrent un chauffage électrique compatible avec les normes japonaises, donc en 100 V. Pour l’Europe, il faut vérifier que le modèle est bien prévu en 220–240 V ou utiliser un transformateur adapté, ce qui rajoute un coût et une contrainte. Il est impératif de rester sur du matériel certifié et prévu pour ton marché, question de sécurité électrique de base.
Pour une adaptation maison, certains choisissent une table basse suffisamment stable, sous laquelle ils fixent un radiateur faible puissance conçu pour être utilisé en position horizontale, puis ajoutent un futon épais ou une couverture lourde. Cette approche peut fonctionner, mais uniquement si l’appareil est spécifiquement prévu pour être utilisé de cette manière, sans être enfermé ni recouvert, et si tu respectes strictement les consignes du fabricant. Dès qu’on sort de ce cadre, on quitte le terrain raisonnable pour aller vers le bricolage risqué.
Au-delà de la question du matériel, il faut penser à la posture. Vivre autour d’un kotatsu implique de s’asseoir au sol pendant des durées parfois longues. Tu peux limiter l’inconfort avec des coussins épais, des chaises de sol avec dossier ou des petits sièges sans pieds. L’idée reste de créer un coin où tu peux lire, jouer ou travailler sans te relever toutes les deux minutes, sinon tu perds l’intérêt du système.
Pour t’aider à visualiser les postes à prévoir, voici une liste de ce qui structure un coin kotatsu réussi, que tu passes par l’achat direct ou par l’inspiration :
- Choisir une table basse solide, assez large pour accueillir au moins deux personnes de chaque côté et résister au poids du futon.
- Prévoir une source de chauffage électrique certifiée, dimensionnée entre 300 et 600 W, pensée pour fonctionner à proximité de textiles sans risque.
- Investir dans une couverture ou un kotatsu-buton bien isolant, avec un tombé suffisant jusqu’au sol pour limiter les pertes de chaleur tout autour.
- Installer des coussins de sol ou des fauteuils sans pieds pour rendre la position assise supportable sur la durée.
- Organiser le câblage pour éviter que quelqu’un se prenne les pieds dans le fil, en utilisant si besoin des passe-câbles et des multiprises avec interrupteur.
- Définir des règles d’usage simples, notamment pour les enfants et les animaux, afin d’éviter les chocs contre l’élément chauffant ou les renversements de boissons.
Cette liste n’a rien d’exotique. Elle rapproche au contraire le kotatsu d’un aménagement classique de salon, avec des questions d’ergonomie, de sécurité et de circulation. La différence, c’est que ton espace pivot se trouve au niveau du sol, sous une couverture, et non sur un canapé face à un radiateur de mur.
Une fois que ce coin est en place, la manière de gérer ton propre chauffage central peut évoluer. Tu peux décider de baisser d’un degré supplémentaire ta consigne de chauffage générale et de te regrouper plus souvent autour de cette îlot chaud pour les activités calmes. Le geste paraît simple, mais il impacte à la fois ta consommation et ton ressenti du froid.
S’inspirer du kotatsu sans en acheter un
Si importer un kotatsu n’est pas au programme, tu peux tout de même reprendre quelques-uns de ses principes clés. Le premier, c’est de concentrer tes moments statiques dans une zone restreinte. Au lieu de regarder une série un soir sur le canapé, un autre soir à table, un troisième dans le lit, tu peux recentrer ces usages dans un coin bien équipé, près d’une source de chaleur localisée.
Le deuxième principe, c’est de renforcer l’isolation thermique autour de cette zone. Un tapis épais, un plaid lourd, des rideaux mieux isolants et un fauteuil correctement placé devant un radiateur changent déjà le ressenti pour une même température mesurée. Le kotatsu pousse cette logique à l’extrême avec un futon qui ferme presque complètement l’espace chaud.
Enfin, le kotatsu rappelle qu’un équipement domestique peut être pensé en même temps comme un objet de convivialité. Regrouper plusieurs activités autour du même point chauffe de fait plusieurs personnes avec la même énergie. En 2026, dans un contexte de prix de l’électricité instables, ce genre d’arbitrage très concret peut compter bien plus qu’une application de suivi de consommation ouverte mais jamais consultée.
C’est ce glissement, de la solution japonaise très précise à un ensemble de principes adaptables, qui fait du kotatsu autre chose qu’une curiosité de blog voyage. Il devient un outil mental pour repenser ta manière de traverser l’hiver.
Un kotatsu peut-il remplacer totalement le chauffage d’un logement ?
Non. Un kotatsu chauffe très efficacement la zone autour de la table mais ne remplace pas un système de chauffage global pour le reste du logement. Il permet de réduire la température générale, par exemple à 18 ou 19 °C, tout en gardant un confort élevé pendant les activités statiques autour de la table.
Combien consomme en moyenne un kotatsu moderne ?
La plupart des kotatsu récents affichent une puissance comprise entre 300 et 600 W, avec thermostat. Pour une utilisation de quatre heures le soir, la consommation reste généralement inférieure à celle d’un climatiseur réglé pour chauffer tout un salon à 22 °C, ce qui en fait une option intéressante pour l’économie d’énergie à l’échelle du foyer.
Peut-on utiliser un kotatsu en Europe sans risque ?
Oui, à condition d’acheter un modèle prévu pour le courant 220–240 V et conforme aux normes locales, ou de suivre strictement les recommandations du fabricant si un transformateur est nécessaire. Il faut éviter tout bricolage non prévu, bien dégager les aérations de l’élément chauffant et vérifier régulièrement l’état du câble et de la prise.
Quelles différences entre un kotatsu et un simple radiateur d’appoint ?
Le kotatsu associe une source de chaleur modeste et un futon épais qui enferme l’air chaud sous la table. Il chauffe principalement les jambes et le bas du corps des personnes assises autour. Un radiateur d’appoint classique tente de réchauffer l’air ambiant, avec plus de pertes dans une pièce peu isolée. Le ressenti et l’usage au quotidien ne sont donc pas les mêmes.
Un kotatsu est-il adapté au télétravail ?
Oui, si tu es à l’aise assis au sol ou sur une chaise de sol. Beaucoup de personnes au Japon utilisent le kotatsu pour travailler sur un ordinateur portable pendant l’hiver. Il faut simplement vérifier la hauteur de la table pour éviter d’avoir les épaules trop relevées, et faire des pauses régulières pour bouger et limiter les tensions musculaires.